Savant – πρῶτος (Protos)

C’est qui ? Savant (un des alias d’Aleksander Vinter)
C’est quoi ? πρῶτος (ou Protos pour les gens qui comme moi ne lisent pas le grec), est le 8e album de Savant
Ca date de quand ? 2014

Aleksander est autiste, de type Asperger. Sa vie d’enfant n’est pas très facile du coup, jusqu’au jour où il entre en contact avec un petit synthé. Il passe des heures et des heures à jouer avec. Un jour, ses parents lui offrent un ordinateur : il va pouvoir passer à la vitesse supérieure ! Il commence à composer inlassablement, quantitativement et qualitativement. Ses parents découvrent qu’il est synesthète : il voit la musique. Il possède le syndrome du savant. Dès lors, Aleksander fait de la musique sa raison de vivre.

Il commence sa carrière dans un groupe de Black Metal, puis se consacre à la musique électronique qui lui donnera plus de liberté dans la composition de ses morceaux. Petit à petit, Aleksander se fait un nom grâce à son talent et son abondante production.

L’œuvre dont je vais parler aujourd’hui fut une sorte de retour en enfance pour lui. Il s’est inspiré des univers qui le faisaient (et le font toujours) rêver, issus de dessins animés, de jeux vidéo…

Vous voulez un album qui met de bonne humeur ? Ou quelque peu épique ? A moins que vous préfériez les sonorités de chiptunes 8-bits ? Du rock entraînant avec de la bonne guitare ? Des refrains entêtants ? Vous pouvez vous réjouir : Savant nous offre tout cela.

L’album est très fourni en titres (18) donc pour ne pas faire trop long, je ne parlerai en détails que de mes favoris, mais sachez que l’ensemble est très bon et que vous en préférerez peut-être d’autre. Alors n’hésitez-pas à l’écouter en entier !

Man of the Law ouvre sur des échos d’une lointaine bataille… mais quelques notes de synthétiseur annoncent l’arrivée de l’Homme qui sauvera la situation. Dynamique, enjouée et bien rythmée, ce morceau illustre un côté pop-rock aventureux que l’on retrouvera régulièrement sur cet opus. On peut aussi constater que lorsqu’Aleksander chante, il le fait très bien.

Le titre suivant rappelle que Savant s’est fait connaître grâce à son electro. Ca groove, le spectre sonore est très bien exploité (avec notamment de légères touches aigües qui équilibrent le côté lourd du morceau). Le morceau a un côté mécanique et machinal qui personnellement m’évoque une sorte d’usine du futur interstellaire…

 

On se régale avec Spaceship grâce à ses jolies harmonies vocales et son beau solo de synthé. Rider in Red nous permet de goûter au voyage dans un vaisseau spatial le temps d’un trajet excitant et plein de promesses…

Mais notre héros se retrouve démuni et abattu (Fakers). Il doit pourtant se ressaisir, car l’univers a besoin de lui. Alors, doucement, il se lève, se cherchant un peu. Une grosse basse vient appuyer sa détermination renaissante. Le héros hésite plusieurs fois (Rise Up)… Il n’est pas convaincu.

Il se lance alors dans un voyage sans but (quoique peut-être à la recherche de son héroïsme en fait). Les magnifiques nappes synthétiques nous font dériver avec lui… Mais il tombe soudain sur quelque chose d’inquiétant, souligné par des violoncelles angoissants. De suffisamment inquiétant pour qu’il retrouve sa gravité… et son héroïsme !

 

Il est temps de repartir pour de nouvelles aventures. Et les requins-lasers n’ont qu’à bien se tenir : un refrain génial ! Un solo trop cool de la mort de la vie qui tue des licornes ! Du synthé ! De la batterie qui claxe ! Yaaaaaaaaa ce sont les Laser Sharks !

On a ensuite le droit à une petite pause disco-funky avec Cry for Love montrant encore une fois qu’Aleksander a le groove dans la peau… Et Samurai évoque une nouvelle péripétie pour notre héros. Celui-ci doit alors partir pour une quête… Relatée par Quest, elle me fait irrémédiablement pensée à la quête d’un Link chargé de sauver le monde. Un subtil mélange de sonorités 16-bits, de sonorités plus modernes et de séquences très inspirées de cette saga. Une perle !

Le grand méchant boss a beau dire « I will destroy you », Super Sheriff ne se laisse pas impressionner… Et sort la Sword of Destiny. La tension est à son comble, l’affrontement inévitable. Les gros riffs sont de sortie, la batterie bien lourde. Les adversaires se jaugent… et l’assaut recommence. La lutte est difficile, le méchant ne laisse pas faire. Le synthé vient soutenir notre héros avec une mélodie tellement motivante que lorsque je l’entends je ne peux m’empêcher de m’imaginer en train de lancer des poutres à mains nues sur mes ennemis.

 

La bataille finit par tourner à l’avantage de notre héros (Hit the Top) qui débarrasse le monde du grand méchant. Il contemple l’univers, sa beauté, aperçoit les dangers dont il regorge aussi… (Aquarius). Ce monde si beau, il décide de continuer à le défendre et à en prendre soin, même si la tâche est ardue.

La musique solennelle et douce en même temps nous permet de dire « Au revoir » à ce grand héros sans regrets. Même si au fond de nous on trouve qu’on aurait bien besoin de lui pour qu’il sauve notre monde de tous les méchants qu’il contient.

 

 

Merci Aleksander pour cette épopée musicale d’une qualité véritablement géniale.

 
 

L’album est en vente sur Bandcamp  et disponible sur Spotify et YouTube en écoute grauite !

 

 

*Aucun mammifère chevalin n’a été blessé durant la réalisation de cet album.

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